Depuis le début de l’industrialisation, la consommation d’énergie dans le monde s’est accrue à une vitesse exponentielle. Mais, dans un climat positiviste, une confiance aveugle dans le progrès technique, qui devait amener in fine l’amélioration du confort de vie, on ne se posait pas la question des répercussions d’une telle utilisation sur l’environnement - le mot « écologie » ne s’impose qu’à partir de 1968 ! - et encore moins celle de la pérennité des énergies exploitées. Les énergies conventionnelles (charbon, gaz, pétrole, hydrogène, nucléaire,...) sont en effet « épuisables ». Si le monde entier devait avoir la même consommation énergétique que celle des Etats-Unis, il faudrait plusieurs planètes pour assurer l’approvisionnement. Or, le développement des pays du Tiers-Monde passe par un accroissement de leur consommation d’énergie.
Les instances internationales, conscientes du problème, cherchent des solutions. Leurs propositions, tel le Protocole de Kyoto, ne sont cependant pas suivies par tous les pays fortement industrialisés et prévoient des clauses difficilement admissibles d’un point de vue moral ; on peut, en effet, si on en a les moyens, acheter des permis de polluer (ailleurs) pour éviter des économies d’énergie (ici). La recherche scientifique aidant - en dépit souvent des résistances des lobbies pétroliers, notamment et surtout -, on s’est penché vers l’exploitation d’énergies renouvelables (géothermique, solaire, éolienne, hydraulique, biologique,...). Mais celles-ci sont-elles la panacée ?
Cet ouvrage se propose de faire le point en ce début de XXIe siècle. Il décrit aussi des expériences menées en Colombie, au Maroc, aux Philippines,..., expériences qui montrent que des solutions existent. Sont-elles cependant transférables ailleurs ? Et les énergies renouvelables sont-elles toujours écologiquement et économiquement viables ? Le défi est de taille. Le déficit énergétique et le désastre écologique paraissent inéluctables si les mêmes politiques perdurent. Le débat démocratique exige des informations diversifiées - le discours scientifique n’est jamais idéologiquement neutre -, différentes surtout de celles qui s’imposent dans les médias et qui s’inscrivent dans une conception ultralibérale aux vues à court terme, celles du profit immédiat. C’est pourquoi ce livre existe.
Les énergies renouvelables face au développement , Mohamed Berdaï, Philippe Bovet, Vicent Cabreza, Benjamin Dessus, Mauricio Gnecco, Sébastien Godinot, Saïd Mouline, Pierre Polomé, Faouzi Senhaji. Colophon Editions, 2005, 120 pages.
Guy Moreau
Aux antipodes de l’ouvrage de Deloche, Barnum présente un point de vue plus cru sur l’intervention humanitaire. Sans doute largement inspiré par l’expérience de vie de son auteur, ce roman raconte les expériences d’Antoine, un parisien désabusé qui va noyer son ennui dans le cambouis du travail d’urgence d’une ONG fictive, Intervention directe. Du Rwanda de l’immédiat « après génocide » au siège de Sarajevo, Antoine se confronte sans répit à un travail âpre, rythmé par des conditions qui ne laissent qu’une place marginale aux états d’âme. Soumis aux hasards de la violence aveugle des temps de guerre, Antoine s’investit sans trop se poser de questions dans un labeur sans fin, luttant contre son mal-être et ironisant sur le cirque humanitaire dont il est pourtant membre. Sorte de roman noir de l’humanitaire, le livre de Pierre Brunet captive par la rudesse de son propos sans jamais en référer à la morale pour faire partager les horreurs que traverse son héros, sorte de témoin désabusé. Au contraire, le personnage de l’humanitaire y est dépeint froidement, à la lumière de ses nombreuses ambiguïtés. Et c’est précisément ce qui convainc.
Barnum , Pierre Brunet, Calmann-Lévy, 2006.
Daniel Bonvoisin